Intelligence et
Inintelligence
Larriéré, le débile, le retardé,
le déficient intellectuel, le handicapé mental
=
"posent problème" à lécole.
I - Historique
Avant : lidiot, le fou avait sa place (aide dans les familles campagnardes )
Puis sous Louis 14 : création des hôpitaux généraux / asiles (= " le grand enfermement ")
Le concept, qui a organisé léducation spécialisée au cours du 20e s., a pour origine une double révolution :
1. Pinel et linvention de la psychiatrie (déb. 19e s.)
Sont définies 3 sous-catégories didiotisme :
Pour Pinel, lidiot nest pas malade, mais est né comme ça (étiologie organique : facultés mentales non développées) et le restera (au contraire du fou, qui peut être soigné). Reste pris en charge par lassistance / asile (domaines de la santé et de lordre publique, et non de linstruction). Mais, avec lécole obligatoire (Ferry, 1882), se pose la question : comment repérer et éduquer les débiles.
2. Binet / Simon et linvention de la psychométrie
(déb. 20e s.)
Binet touche aux droit, sciences naturelles, avant de sintéresser à la psychologie en tant que science (vision différente de celle dAuguste Comte, pour qui lobjet étudié et le sujet qui fait la science sont indissociables), et de créer 1 laboratoire de péda. expérimentale (sattache à isoler, reproduire, faire varier les phénomènes)
1905 : test / échelle métrique de lintelligence = permet de mesurer lécart entre âge réel et âge mental (puis Stern met en quotient : QI = AM / AR) ; grand succès international (notamment USA)
1909 : création des classes de perfectionnement et d1 corps dinstit. spécialisés, pour les E dont lécart est > 2 ans
II - Critiques
Dans les 60, instructions officielles : 1 QI entre 50-75 = orientation en classes de perf. puis SES (" déficience intellect. légère " constitutive et irréversible), les cas + lourds étant pris en charge par le sect. de la santé ; doù lécole sorganise autour de cette conception, les filières étant fermées. Puis... :
1. Bourdieu / Passeron et le milieu socio-cult.
Le Qi apparaît inférieur dans les classes sociales défavorisées (il ny a pas de déficients légers chez les enseignants et les classes sociales favorisées). De +, Tort (psy.) montre que le QI est 1 construction de lélite pour elle-même (de culture compétitive, différente du milieu ouvrier, de cult. plutôt coopérative)
2. Mannoni et lapproche psychanalitique
La cure analytique (qui nécessite 1 communication) était réservée jusque là au névrotique (personne consciente de son trouble et communiquante), et non au psychotique (à la personnalité déstructurée). Elle va alors la tenter avec des E psychotiques (traits autistiques), jugés débiles, avec succès (à travers le jeu et la verbalisation), et montrer ainsi que beaucoup de débilités ont pour source les relations intra-familiales (" interdit de savoir ", mère surprotectrice, " empêchant " de grandir = inhibition intellectuelle, manière la + " économique " de résoudre un traumatisme).
Pour Melany Klein : E peut s'interdire
d'apprendre ou de montrer ce qu'il a appris (vers l'âge de la
curiosité = pulsion épistémologique), car lui "apparaît
dangereux" pour son équilibre et celui de son entourage (=
risque de rejet, rupture des relations, car le savoir crée 1 écart
de culture).
III - Approches multifactorielles
Grande influence des auteurs précédents = abandon de la toute puissance du QI.
1. Gibello et la classification des troubles de lintelligence
Tente 1 synthèse entre processus cognitifs et approche psy.
2. Misès et lapproche structurale
Le structuralisme en langue, avec Saussure : 1 signifié (ex. : " chien ") ne prend pas son sens dans le signifiant (qui peut être " chien " ou " dog "), mais dans ce quil nest pas (" chat ", )
Misès part des travaux de Mannoni, et constate que la déficience harmonique (stable) est la forme aboutie dun processus de " débilisation " par réduction des antagonistes qui existent dans la déficience dysharmonique (instable) ; doù elles ne sont pas différentes mais successives
doù :
Nécessité de prendre en compte non seulement la psychométrie, mais aussi lhistoire de lindividu et familiale (milieu social, relation à la mère, ), la neurologie (" inné "), Ce qui implique une intervention la + précoce possible, en partenariat avec tous les acteurs (enseignants, psy., ), afin déviter quune psychose, par ex., névolue vers une déficience intellectuelle.