I - Historique
1. Origines
Vient dun ancien jeu de hasard et dargent
populaire anglais : " hand in cap ".
Au 18-19e siècle : courses de chevaux à " handicap "
= donner en plus 1 poids ou 1 distance plus longue à
parcourir aux meilleurs pour harmoniser les chances au départ (Idem :
golf,
)
1643 : Louis 14 crée les hôpitaux généraux
(pour enfermer ceux troublant lordre publique).
Rév. Fr. : déclaration des DHC = égalité et solidarité
/ droits fondamentaux (soins, travail,
).
Napoléon : armée de conscription = devoir (et non plus des
soldats de métier, payés pour assumer les risques) ; la Patrie
doit leur alors assistance (pensions pour invalides de
guerre,
). Quant aux infirmes civiles : laissés pour
compte (= charité, asiles,
).
Doù, historiquement, le handicapé
est à la fois le pauvre, linfirme et le mutilé de guerre.Puis
au 19e s. (Durkheim) : quand 1 partie du " corps
social " souffre, tout le corps souffre : nécesite
1 solidarité.
En // : mise en place progressive d1 réglementation
sur le travail.
2. Début 20e s. : le handicap vu comme problème social et éducatif
Invalides de la 1ère Guerre Mondiale (environ 1 million) : les réadapter au travail (pour permettre des économies et pallier le manque de main d'oeuvre).
E " débiles mentaux " : création des classes de perfectionnement.
1957 : 1ère apparition d1 définition du travailleur handicapé (" qui ne peut acquérir ou conserver un emploi à la suite dune insuffisance de ses capacités physiques ou mentales " ; doù : doit être reclassé ou pensionné).
Rôle important des associations après la 2e GM (progrès de la génétique, qui déculpabilise les parents ; handicapés moteurs, qui ont souvent connu 1 vie normale avant) : poids de leurs revendications...
II - Loi dorientation
du 30 juin 1975 (Weil)
en faveur des pers. handicapées (cf.
les textes réglementaires
de référence)
Sinscrit dans un mouvement de prise de conscience qui touche lensemble des pays développés depuis la fin des 60. Loi qui a recueillie lunanimité. Ses principes :
Ses modalités : financement des mesures (soins et éduc.) par lEtat (MEN, Sécu., CAM, ), obligation demployer des pers. hand. (ou compensation financière), accessibilité des lieux publiques, Création des CDES (+ CCPE / CCSD) : identification des hand., attribution daides matérielles (AES) et orientation scol. Loi à lorigine des mesures dintégration actuelles. ! : Elle a été renforcée récemment...
III - Classification Internationale des Handicaps
1. Les différentes classifications
Les 1ères vraies sciences de la classification : botanique et zoologie (av. : comestible ou non, ). Intérêt : savoir qui relève de qui (gestion) ; mais dérive : tout étiquetage influence les représentations (ex. : "toxicomane" = médecine, alors que "drogué" = police).
Remarque p/r SEGPA : avant les nouvelles normes de lOMS, les E étaient considérés comme " déficients intellect. légers " (QI entre 65-80), et donc hand., et accueillis dans des SES. Or, aujourdhui, avec 1 QI entre 70-80, ils se trouvent dans la " normalité ", bien quen " grande difficulté scolaire ", ou en " difficultés graves et persistantes " (sapparentant à 1 handicap !), et relèvent donc de lAdaptation (doù passage des SES aux SEGPA). Ils continuent dêtre orientés par 1 CDES (pour hand.) afin déviter les orientations abusives.
Pb. : il y a 1 représentation scientifique de la classification, or nest qu1 science humaine (et non " vraie en soi ").
2. La CIH (1980, Wood / OMS)
Nomenclature adoptée en France par Arrêté du 9/1/1989
Introduction des conséquences sociales à la Classif. Internationale des Maladies (p/r symptômes)
(a) Déficience
Aspect lésionnel = absence ou altération d1 structure ou fonction psycho., physiologique ou anatomique. Réponse : médicale.
(b) Incapacité
Aspect fonctionnel = réduction de la capacité daccomplir une activité dite " normale ". Réponse : rééducative.
(c) Désavantage ou Handicap
Aspect situationnel = limitation des rôles sociaux dits " normaux ". Réponse : sociale.
Doù, en résumé : 1 atteinte congénitale, maladie ou accident peuvent entraîner 1 (des) déficience(s) chez 1 pers. Cette déficience peut provoquer (ou non) 1 (des) incapacité(s), qui, dans un milieu social donné, pourra se révéler être 1 désavantage ou handicap (différent de l'idée "imagée" de " handic. social ").
Le Handicap suppose 1 Désavantage dû à 1 Incapacité, elle-même issue d'1 Déficience
3. Remarques
- hand. mentaux, car le hand. mental / intellectuel dépend du Sect. Médico-éducatif (IME, IMP, IR, ), alors que le malade mental (névrose, psychose, ) relève des services de soins psychiatriques (hôpital)
+ cf. le site de Gisèle Bartalan
- " hand. sociaux et culturels " (apparaît dans les 60 : ouverture aux USA des écoles blanches aux Noirs ; Bourdieu) qui se trouvent exclus. Or, 1 niveau de langue moins riche (notamment sur le plan syntax.) entraîne des incapacités (influence à la baisse le développement intellect.), et des désavantages p/r aux apprentissages (en France : politique de compensation, tq. ZEP). Mais, a contrario, lassimilation des difficultés socio-culturelles à 1 hand. = risque dimmobilisme, de défaitisme.
- Terminologie commune (et non strictement médicale) = meilleure communication entre partenaires
- Modifie les conceptions = appréhension de la notion de handicap dune manière interactive, positive (le désavantage peut napparaître que dans des situations données, ou nêtre que passager, car remédiable)
IV - Sociologie du handicap : qqs. remarques
Pose la question de la différence (quest-ce ?) et de son acceptation (dans quelles limites ?), de limage renvoyée (culture catholique : sentiment de culpabilité de la mère, des parents, " de lhumanité " ; doù : cacher, exclure, voire dans 1 société " parfaite " : tués en Grèce Antique ; stérilisés, placés en camps sous le régime Nazi ; enfermés en hôpital psy. en URSS).
Pour " ne plus les voir ", on propose la " réparation " du hand., des établissements spécialisés ou 1 compensation financière.
Loi dorientation de 1975 :
+ : sont reconnus et soutenus comme citoyens à part entière
(à intégration)
- : nécessité de se faire reconnaître comme hand. (pour 1aide
financière) = étiquette (= exclusion ?)
Laugmentation du nombre des hand., alors que la médecine progresse (ex. : dépistage prénatal de la trisomie 21 qui s'accompagne généralement d'1 IVG), vient d1 meilleure prise en compte (+ augmentation des accidents de la route, )
Le regard porté sur le handicap (la " différence " en général) varie selon le système social (époque, pays, culture, ) dans lequel on les désigne : ignore ou amplifie (ex. : bornes du QI " normal "). Aujourdhui, tout enfant est vu comme éducable, et non déterminé définitivement.
De même, les sourds ne se considèrent pas comme hand. (certains refusent les implants), et revendiquent leur différence (et leur culture, leur langue des signes).
Dans les pays scandinaves : peu de réglementation, car déjà intégrés de fait (pas besoin d1 Charte Européenne)
L'attention portée au handicapés suppose d'abord 1 système économique et éducatif développés (ex. : dans les PVD, les priorités sont ailleurs)
C'est donc 1 question de représentations sociales, historiques, économiques,
Lappellation d' " handicapés " permet la délimitation et lexistence de catégories de professionnels (ex. : "dyslexie" = orthophoniste, alors que le trouble dapprent. de la lecture = enseignants). Voire, si les E relevant de " ladaptation " sont "juste" en difficulté scol. et si les E handicapés sont intégrés : il n'y a alors plus besoin d1 corps denseignants spécialisés (mais d1 simple formation de lensemble des enseignants, pour répondre aux difficultés des E).