Intégration

 

I - Historique

1. Le refus

S’est traduit par la suppression physique des " anormaux " totale ou partielle (ex. : cité de Sparte ; Hitler…), ou symbolique (oubli, indifférence, … refus de les voir)

Au Moyen-Age : tiraillement entre le rejet (l’idiot du village qui catalyse les peurs), et la charité chrétienne (compassion et recueil des E abandonnés dans des internats / asiles = mise à l’écart, enfermement, et non intégration)

2. L’acceptation ou l’éducation séparée (déb. 20e s.)

Avec l’instruction obligatoire, que faire des " débiles d’école " (c-à-d. non muets, sourds, aveugles ou fous) ? D’où : tests de Binet-Simon, avec création des classes de perf. (1909) et début de l’enseignement spécialisé (CAEA). Se révèle en fait source d’exclusions : la spécialisation de l’institution entraîne 1 besoin grandissant de recruter des E " à besoins " (= effet de structure), mais cet enseignement assisté : accroît l’inadaptation des E.

3. Les critiques (fin des ’60 / déb. des ’70)

Le QI, la ségrégation, … sont remis en question. Création des GAPP, centration sur l’E, … (mouvement post 68).

4. L’intégration pensée (fin ’70 / déb. ’80)

Loi d’O. de 75 (+ circ. de 82 & 83) : les hand. ne représentent plus " 1 menace " pour la société, mais au contraire il est du devoir d’1 démocratie de les intégrer.
+
Loi d’O. de 89 (l’E. est au centre du syst. éducatif)

5. L’intégration en acte (fin ’80 / déb. ’90)

= Création des CLIS, UPI, SESSAD, …

Aujourd’hui, il existe au sein de l’Union Européenne 3 modèles de prise en charge des E handicapé :

 

II - Les différents niveaux d’intégration

L’intégration suppose qu’1 personne est été reconnue handicapée par 1 commission (CDES / CoTOReP) = "étiquetage". De + : 1 E hand. placé dans 1 structure n’est pas intégré, mais orienté ; intégrer = placer dans 1 milieu ordinaire (et non : ségrégation, mettre à part), … la différence de l'autre étant souvent difficile à accepter.

La LO. de 75 prévoit, à temps partiel ou temps plein, 1 éducation ordinaire, sinon à défaut 1 éduc. spésialisée dans 1 établissement ordinaire, sinon en établissement spécialisé. Il existe donc différents degrés d’intégration :

Remarques :

 

III - Avantages et inconvénients

1. Points positifs

Permet de créer des situations propices aux apprentissages cognitifs et sociaux. Si les résultats scol. sont parfois faibles, il y a toujours bénéfice / acquis sociaux pour l’E hand. : le milieu ordinaire lui donne 1 cadre, 1 culture d’école / respect des règles (la structure a 1 rôle de contenant), qui lui permettent 1 prise de distance positive. Il devient 1 élève parmi d’autres, et non plus 1 enfant malade, il est " tiré vers le haut " et incité à s’ouvrir.

De + : enrichit le groupe-classe et participe à l’éducation civique (développe la tolérance p/r la différence)

2. Aspects négatifs

Il est tout de même nécessaire (au risque sinon de limiter très grandement les apprentissages) :

De + : les crises (autistes…) peuvent être perturbantes dans la classe / école

 

IV - Critiques de la CIH et perspectives (cf. CIH / Handicap)

1. Critiques de la CIH (OMS, 1980 ; France : 1989)

D’où : elle apparaît stigmatisante, dévalorisante, et ne facilite pas en fait l’intégration (elle influence les représentations)

2. Les Besoins Educatifs Spécifiques

On préfère aujourd’hui le concept de BES (vient de GB : Special Educational Needs), car concerne tous ceux qui ne peuvent pas bénéficier des stratégies et moyens éducatifs des pairs (E hand., E en difficultés +/- graves, à 1 moment ou à 1 autre de sa scolarité)

= Projet " ajusté " à l’enfant " réel " ; différenciation, individualisation de l’approche + permet de s’appuyer sur les acquis et potentialités

+ Cf. aussi sur le sujet :
http://capsais.free.fr/CAPSAIS_IUFM/cours/pe2/integrer.htm