Histoire de l’éducation spécialisée


En 1881-1882 l’école devient obligatoire, gratuite et laïque pour tous (Ferry).
Loi de 1909 : instauration des Classes de Perfectionnement pour " E arriérés ", et création d’un corps d’instituteurs spécialisés = début de l’Education Spéciale ?

En réalité : elle prend ses racines dans les apports du siècle des Lumières, et l’histoire… :

I - Les racines : des Lumières et de la Révolution Française à la fin du 19e siècle

1. Origines économiques et sociales

Avec l'assistance aux pauvres et aux infirmes, contraints à la mendicité : accueillis (et enfermés) dans les hôpitaux (qui rassemblaient : malades, invalides, fous, délinquants et mendiants), pour des raisons humanitaires, mais surtout d’ordre social (protection sociale = " protection de la société "), et économiques (les instruire pour qu’ils travaillent et ne soient plus assistés).

2. Origines médicales

Avec la conception égalitaire et humaniste émerge la tendance progressive à voir des liens de proximité entre les hommes (sujets de droit), et la folie comme curable (éducation = " soin moral ").
Mais, elle reste limitée par la conception parallèle et ancrée de l’idiotie, vue comme 1 état (et non 1 maladie) dans lequel les capacités intellectuelles ne se sont pas développées (d’où " incapables " de parole, de propreté, …)

3. Origines philosophiques et pédagogiques

Idéal d’équité et de justice sociale pour tout être humain, avec un débat transversal : instruire pour libérer les esprits (Condorcet) ou éduquer pour faire des patriotes (Rabaut St Etienne) ?
L’Enfant est reconnu comme personne spécifique (Rousseau) = point de départ d’1 législation protectrice (face à la toute puissance paternelle, travail, …), au cours des 19e et 20e s.
De plus, se pose le problème de l’éducation des déficients sensoriels (qui ont été réhabilités en tant que membres à part entière de l’espèce humaine) :

Ces racines expliquent les liens entre les ministères de l’Intérieur, la Santé et l’EN (= spécificité française) ; cf. Les structures de l'éducation spécialisée

 

II - 1909 : création des Classes de Perfectionnement

Bourneville : volonté de désengorger les services pour E des asiles d’aliénés et d’améliorer leur sort = souhaite la création de services adaptés entre l’asile et l’école (" médico-éducatif "), mais : réticence du corps médical. D’où se tourne vers l’école (devenue obligatoire pour tous les E) pour l’accueil des " E arriérés, anormaux " (dont les maîtres de l’époque ne se préoccupaient pas).

Binet & Simon : proposent l'échelle métrique de l’intelligence, qui permet un dépistage, mais a aussi écarté de la classe ordinaire des E en échec ou en retard du fait de facteurs externes, notamment socio-familiaux, ou d’1 école mal adaptée = exclusion (catégorisés comme " débiles légers ") ; cf. Le Q.I.

+ Multiplication des structures de prise en charge (" à part ") = ségrégation

 

III - La Politique contemporaine d’Intégration

Au cours des ’70 et suivantes, mise en cause des conceptions concernant l’apprentissage et l’échec, le handicap, 1 éducation séparée, …

30 juin 1975 : Loi d’orientation en faveur des personnes handicapées (S. Weil)…

Aujourd'hui, on ne parle plus " d’éducation spéciale " (sauf pour désigner la CDES), mais d’AIS (date de 1982 : vient d’1 volonté politique de changement après les élections de 1981). Avec 1 alternance régulière entre :

 

Quelques dates importantes

+ cf. Les textes réglementaires de référence