Echec scolaire

 

Les E en échec scol. massif ont longtemps été étiquetés comme " arriérés, débiles mentaux " (1909), ou comme " déficients intellectuels légers " (’60)… Aujourd’hui, on parle d’E " en difficulté scol. graves, liées à des problèmes sociaux ", " affectés d’un retard mental ", " inadaptés " ou " handicapés ".

L’enseignement spécialisé concerne les E handicapés (décision de la CDES), et ceux en grande difficulté (non atteints d’1 déficience, mais dans l’incapacité d’accéder à la maîtrise des compétences instrumentales et comportementales requises, qui implique 1 désavantage / " handicap social ").

Ceci dit, tous les E en diff. ne sont nécessairement handicapés, et inversement.

 

I - E. en grande difficulté

La notion d’échec scol. ne correspond donc pas à 1 réalité objective, mais n’est qu’1 représentation collective (qui organise la perception et l’action) à 1 moment donné :

(a) Vision psychiatrique

La notion d’échec scol. apparaît entre 1950-60 et concerne les E passant au Collège (environ 30%) : certains sont en échec, alors qu’ils ont toutes les capacités pour apprendre (QI normal) ; d'où : troubles psycho-affectifs

(b) Vision sociologique

’60 : Collège unique pour tous = démocratisation

Mais Bourdieu (" Les héritiers ") montre que tous les E, selon leur origine socio-culturelle, n’ont pas la même chance d’accéder à des études longues.

Rem. : en SEGPA, les E sont souvent issus de milieux socio-cult. défavorisés, or il y a davantage d’E issus de l’immigration dans ces milieux ; pourtant : y sont proportionnellement plutôt sous-représentés (signe d’intégration ?)

(c) Vision systémique

’80 : échec scol. = échec du syst. éducatif, l’école ne s’adapte pas à l’E

 

Sur le plan pédagogique, Prostic formule 5 hypothèses, qui provoquent 1 décalage croissant / cercle vicieux : l’E…

 

II - Le retard mental

Désormais :

1. On ne parle plus de " handicap mental léger " (conception figée et réductrice), mais de dysharmonies évolutives (correspond à un développement hétérogène des structures d’organisation mentale et de la personnalité)

2. Lorsqu’il y a " déficience intellect. ", l’évaluation ne repose plus sur les seuls tests psychométriques (QI), ni le domaine scol. (mais aussi : interactions p/r à son environnement, …). De plus, il peut être lié à 1 névrose / psychose (= inhibition / pensées morbides…)

 

Les différents modèles explicatifs de l’échec scol.
(extrait d'un document remis par Dominique Millet, PIUFM)

L’enfant est…

Auteurs de réf.

Date d’app.

Concepts-Clés

Réponses

Paresseux Alain

1932

Volonté Leçon de morale
Retardé, handic. Binet / Zazzo

1909

Débilité, trouble instrumental Classe spéciale (Perf.)
Inhibé, bloqué Mauco / Diatkine

1950

Symptôme (psycho.) RASED / CMPP
Déterminé à échouer Bourdieu et Passeron

1965

Milieu socio-culturel défavorisé Compensation (ZEP)
Soumis à 1 péda. inadaptée Inizan / de Peretti / La Garanderie

1970

Profil péda., style cognitif Péda. différenciée
Soumis à 1 effet de système Mingat / Dubat

1985

Effet-Maître / Effet- Etablissement Projet d’établissement
Désinvesti / l’école et la crise Boudon

1990

Rentabilité / Investissement perso. Motivation ? Apprentissage prof. ?
Dans 1 rapport au savoir négatif Charlot / Rochex

1993

Rapport au savoir … à modifier


Remarque : il existe …

Ceux qui ont 1 rapport théo. au Savoir réussissent mieux que ceux qui ont 1 rapport instrumental

Or, Charlot montre qu’on essaie dans les ZEP de rapprocher la culture scol. de celle de l’E, ce qui tend à les enfermer dans 1 rapport instrumental (avec des attentes moins grandes, qui sont vécues comme 1 ségrégation, et démotivent)

D’où : nécessité d'avoir des attentes fortes, travailler sur le sens, …